L’édition 2026 en apporte une nouvelle démonstration. Avec une dotation record de 64,2 millions de livres sterling, soit une progression de près de 20 % en un an, Wimbledon franchit un nouveau cap économique. Les vainqueurs des tableaux masculin et féminin repartiront chacun avec 3,6 millions de livres, la plus importante récompense individuelle jamais attribuée par le tournoi.
Cette hausse spectaculaire confirme une tendance de fond : malgré l’arrivée de nouveaux acteurs dans le sport mondial et la montée en puissance des circuits alternatifs, Wimbledon demeure la référence absolue en matière de prestige… et de valeur.
Tout commence pourtant avec un simple rouleau à gazon
L’histoire ressemble aujourd’hui à une légende. En 1877, le All England Lawn Tennis and Croquet Club organise un tournoi afin de financer l’achat d’un rouleau destiné à l’entretien de ses terrains. Vingt-deux joueurs participent alors à cette première édition.
Près de cent cinquante ans plus tard, cette initiative est devenue le plus ancien tournoi du Grand Chelem et l’un des événements sportifs les plus suivis de la planète. Peu d’institutions peuvent revendiquer une telle continuité.
Le gazon le plus célèbre du monde
À Wimbledon, rien n’est laissé au hasard. Le tournoi reste le seul Grand Chelem disputé exclusivement sur gazon, une surface devenue rarissime au plus haut niveau. Chaque matin, les équipes du All England Club entretiennent les courts avec une précision quasi scientifique : l’herbe est maintenue à exactement huit millimètres.
Cette obsession du détail façonne le jeu lui-même. Les échanges y sont plus rapides, les rebonds plus bas, obligeant les joueurs à réinventer leur tennis. Wimbledon ne récompense pas seulement les meilleurs compétiteurs ; il distingue ceux capables de maîtriser une surface que personne d’autre ne propose.
Des records qui alimentent la légende
Chaque génération possède son moment Wimbledon.
Impossible d’oublier le marathon entre Nicolas Mahut et John Isner en 2010. Répartie sur trois jours, leur rencontre du premier tour a duré 11 heures et 5 minutes, établissant le plus long match de toute l’histoire du tennis professionnel. Le cinquième set, à lui seul, s’est étiré pendant plus de huit heures, jusqu’à un score devenu mythique : 70 jeux à 68.
Un record que beaucoup considèrent aujourd’hui comme inatteignable.
Roger Federer, l’empereur du gazon
Si Wimbledon possède son roi, son nom ne fait guère débat. Avec huit titres, Roger Federer demeure le joueur le plus titré de l’histoire du tournoi masculin. Entre 2003 et 2017, le Suisse a construit une relation presque organique avec le Centre Court, remportant notamment cinq éditions consécutives.
Son élégance naturelle est devenue indissociable de l’image même de Wimbledon, au point que beaucoup considèrent encore cette alliance comme l’une des plus parfaites de l’histoire du sport.
Plus d’un demi-million de visiteurs… et des millions de fraises. Wimbledon ne se vit pas uniquement devant un écran. En 2025, le tournoi a accueilli 548 770 spectateurs, un record historique que l’édition 2026 pourrait déjà dépasser. Cette affluence confirme que le rendez-vous londonien reste l’un des événements sportifs les plus convoités au monde.
Et comme chaque été, un autre chiffre impressionne presque autant que les performances des champions. Pendant la quinzaine, plus de 2,5 millions de fraises seront servies avec près de 13 200 litres de crème fraîche. Cultivés à proximité de Londres et livrés quotidiennement, ces desserts sont devenus aussi emblématiques que les finales du dimanche.
Wimbledon, ou l’art de ne jamais céder aux tendances
Là où d’autres compétitions cherchent à se réinventer chaque année, Wimbledon continue de cultiver une forme de permanence.
C’est précisément cette résistance au changement qui nourrit aujourd’hui son pouvoir d’attraction. Dans un univers sportif toujours plus spectaculaire, le tournoi britannique rappelle qu’il existe encore un luxe rare : celui de préserver un héritage.
À Wimbledon, les records évoluent, les champions se succèdent et les dotations explosent. Les traditions, elles, restent immuables. Et c’est peut-être cette constance qui fait du tournoi londonien la compétition la plus désirable du tennis mondial.