Utiliser l’outil le plus contemporain qui soit, l’intelligence artificielle, pour inviter le public à s’arrêter devant des œuvres qui traversent les siècles : c’est le joli paradoxe de VANFROG.ART. Derrière ce projet, l’artiste numérique italien Renato Basteri a imaginé un univers aussi tendre qu’ingénieux, qui conquiert jour après jour un public international.
René et Julie, deux héros au cœur des tableaux
Le héros s’appelle René VANFROG. C’est une grenouille verte souriante, aux yeux bleus et aux lunettes bleues, imaginée comme un alter ego de conte par son créateur, qui lui a prêté ses propres yeux et ses lunettes.
À ses côtés vit Julie, un caneton gris foncé aux joues rouges, au bec et aux pattes orange, aux yeux noirs et coiffé d’une petite houppe. Timide, Julie adore se cacher dans les chefs-d’œuvre de la peinture.
Un jeu pour ralentir et observer
Le principe est simple et irrésistible. René et Julie se glissent dans des réinterprétations de tableaux célèbres, comme Le Cri d’Edvard Munch. Le public doit retrouver Julie. La première personne qui la découvre choisit, entre deux propositions, le tableau du jeu suivant.
Derrière le sourire, il y a une intention profonde. Le jeu invite doucement à ralentir, à scruter les détails et à retrouver cette attention visuelle que le défilement rapide des écrans fait souvent perdre.
L’art raconté autrement
VANFROG.ART ne s’arrête pas au jeu. Des Reels approfondissent chaque œuvre, et la rubrique « L’Angolo del Prof » (le coin du professeur) raconte les artistes, les techniques et les anecdotes qui se cachent derrière les tableaux. Une dimension pédagogique qui n’a rien d’un hasard : Renato Basteri est aussi enseignant et anime un atelier d’art avec ses élèves.
Le jeu se prolonge désormais sur papier, avec un livre bilingue italien-anglais : Dove si nasconde l’anatroccolo timido? Trovalo nei quadri (Où se cache le caneton timide ? Trouve-le dans les tableaux).
L’IA, un nouveau pinceau
Pour Renato Basteri, l’intelligence artificielle ne remplace jamais l’artiste. Il la considère comme un nouveau pinceau créatif. L’idée, le choix des œuvres, la mise en scène et la sensibilité restent humains.
Concrètement, l’artiste fournit l’œuvre originale et les références de ses personnages, décide de la scène et de leur emplacement, puis affine le résultat au fil de plusieurs itérations. La technologie devient un instrument au service d’un univers narratif, et une porte supplémentaire vers l’art.
Une ascension fulgurante
Lancé en avril 2026 comme une simple expérience, VANFROG.ART connaît une croissance spectaculaire. Selon les chiffres communiqués par le projet, son compte Instagram rassemble 7 881 abonnés et a dépassé 137 000 vues sur les trente derniers jours.
Le projet a aussi pris la route :
- Milan, en juin 2026, lors d’une exposition internationale, l’Artemida Art Week ;
- New York, avec une apparition sur un écran de Times Square ;
- Tokyo, à l’Open Art Exhibition de The Holy Art à Harajuku, du 6 au 9 octobre 2026 ;
- Londres, à l’Open Art Exhibition de The Holy Art, du 16 au 19 octobre 2026 ;
- Madrid, prochaine étape annoncée.
La presse s’empare du phénomène
Les médias accompagnent désormais cette histoire. En octobre 2026, MediaKit.hr, le quotidien italien Il Tirreno, un article international en tchèque ou encore PrimaNotizie ont consacré des articles au projet. Le média Tech Torque Media lui a aussi dédié une longue interview en dix questions, qui revient sur sa naissance et son fonctionnement.
Deux questions sur VANFROG.ART
Comment jouer à VANFROG.ART ?
Il suffit de suivre le compte Instagram @vanfrog.art et de retrouver Julie, le caneton caché dans le tableau du jour. La première personne qui la trouve en commentaire choisit le prochain chef-d’œuvre parmi deux propositions.
L’IA remplace-t-elle l’artiste dans VANFROG.ART ?
Non. Renato Basteri utilise l’intelligence artificielle comme un outil sous sa direction. L’idée, le choix des œuvres, la composition et la sensibilité restent les siens.
Conclusion : un sourire pour entrer dans l’art
À l’heure où l’on accuse souvent l’intelligence artificielle de menacer la création, VANFROG.ART propose une autre lecture. Ici, la technologie ne remplace pas le regard : elle l’aiguise. Une grenouille aux lunettes bleues et un caneton timide suffisent à ramener le public devant Munch, Van Gogh ou Vermeer, et à lui faire redécouvrir le plaisir d’observer.
De Milan à Tokyo, de Times Square à Londres, René et Julie prouvent qu’un simple sourire peut ouvrir la porte des plus grands musées. Un projet à suivre, tableau après tableau.
Sources : présentation de Renato Basteri, interview Tech Torque Media / Ben Oliver et compte Instagram @vanfrog.art.
crédit photo : instagram @vanfrog.art