Pour sa nouvelle collection Tom Ford, Haider Ackermann transforme la place Vendôme en théâtre de la séduction. Entre tailoring affûté, cuir seconde peau, denim déconstruit et silhouettes volontairement provocantes, le directeur artistique livre l’un des défilés les plus sensuels de la Fashion Week de Paris.
Il fallait s’attendre à ce que Haider Ackermann ne fasse rien comme les autres.
Pour son nouveau chapitre chez Tom Ford, le créateur a choisi la place Vendôme comme décor d’un défilé où la sensualité est devenue le principal langage.
À l’intérieur, les invités découvrent un espace de miroirs dans lequel les silhouettes apparaissent, disparaissent et se reflètent à l’infini.
Une scénographie presque hypnotique qui accompagne parfaitement une collection où le corps est omniprésent.
Tom Ford selon Haider Ackermann : le désir comme langage
Depuis son arrivée à la direction créative de Tom Ford, Haider Ackermann explore un territoire où les codes historiques de la maison rencontrent son propre vocabulaire.
Le résultat est spectaculaire.
Les silhouettes oscillent entre glamour nocturne, tailoring masculin et sensualité assumée. Les corps sont révélés, soulignés ou volontairement laissés presque nus sous des pièces qui semblent conçues pour provoquer le regard.
Des bodysuits scintillants agrémentés de détails évoquant des foulards côtoient des robes drapées couleur rouge sang.
Le cuir, découpé avec une précision presque architecturale, vient contraster avec des jeans volontairement effilochés.
Tout est question de tension.
Comment créer une collection sexy sans tomber dans la simple démonstration de sensualité ?
Haider Ackermann semble répondre par la construction du vêtement : une épaule, une découpe, un drapé ou une proportion suffisent à transformer une silhouette en déclaration.
Un casting entre icônes et nouvelle génération
Le casting participe largement à l’intensité du défilé.
Alex Consani, Kristen McMenamy, Anok Yai et Malgosia Bela figurent parmi les mannequins choisis pour incarner cette nouvelle vision de Tom Ford.
Des personnalités aux univers très différents, réunies autour d’une même idée : une beauté assumée, sophistiquée et légèrement irrévérencieuse.
La présence de Kristen McMenamy apporte notamment une dimension presque mythologique au casting, tandis qu’Alex Consani incarne une génération plus récente de mannequins devenue incontournable dans la culture mode contemporaine.
Cette diversité générationnelle correspond parfaitement au projet d’Ackermann : réinterpréter le glamour Tom Ford sans simplement reproduire son passé.
Le tailoring Tom Ford se déshabille
Le costume reste évidemment au cœur du vocabulaire Tom Ford.
Mais chez Haider Ackermann, le tailoring prend une dimension beaucoup plus radicale.
Une veste de smoking peut être portée avec un minuscule short en denim. Une silhouette traditionnellement masculine se retrouve réduite à quelques centimètres de tissu. Une maille camel devient presque un accessoire, associée à un slip de bain rose vif.
Le contraste est volontaire.
Le créateur joue avec les codes du costume pour mieux les déconstruire.
Que reste-t-il du glamour lorsque le smoking abandonne presque tout ce qui le rend traditionnellement formel ?
Il reste l’attitude.
Et c’est précisément là que réside l’une des idées fortes de cette collection.
Rouge sang, cuir noir et éclats métalliques
La palette chromatique participe également à cette atmosphère électrique.
Le rouge profond, presque sanguin, apparaît sur des robes drapées qui épousent le corps. Le noir se décline dans le cuir et le tailoring. Les détails métalliques et les matières scintillantes captent la lumière des miroirs.
Chaque silhouette semble pensée pour être regardée sous plusieurs angles.
La scénographie devient alors une extension de la collection.
Les miroirs fragmentent les corps, multiplient les perspectives et transforment le défilé en une succession d’images presque cinématographiques.
Dans cet environnement, les vêtements ne sont plus seulement présentés : ils deviennent des apparitions.
Une première rangée digne d’un spectacle hollywoodien
Le front row n’était pas en reste.
Parmi les personnalités présentes figuraient Shakira, Kate Moss, Cara Delevingne, Sam Claflin et Cynthia Erivo.
Une concentration de stars à la hauteur de l’héritage glamour de Tom Ford.
Une absence a toutefois été remarquée : celle de Harry Styles, dont l’esthétique personnelle entretient depuis plusieurs années un dialogue particulièrement étroit avec le tailoring, la fluidité des genres et les codes du costume.
Son styliste, Harry Lambert, aurait néanmoins eu de quoi trouver son inspiration dans cette collection.
Parmi les silhouettes les plus remarquées figurait notamment un mannequin moustachu portant une veste de smoking avec un minuscule short en denim.
Une autre association, particulièrement audacieuse, proposait une maille camel portée avec un simple slip de bain rose vif.
Deux silhouettes qui résument à elles seules l’esprit de la collection : élégance, provocation et humour.
Haider Ackermann réinvente l’héritage Tom Ford
Tom Ford possède une histoire profondément liée à la sensualité.
Depuis les années 1990, le créateur américain a construit une esthétique reconnaissable autour du smoking, du corps, du glamour et d’une certaine forme de provocation sophistiquée.
Haider Ackermann ne cherche pas à effacer cet héritage.
Il le déplace.
Son Tom Ford est moins directement nostalgique et davantage expérimental. Le glamour devient plus ambigu, le tailoring plus fragile et la sensualité plus imprévisible.
Le créateur ajoute ainsi à l’ADN de la maison une dimension presque poétique, parfois sombre, mais toujours extrêmement physique.
Le luxe à l’heure de la séduction
Dans une Fashion Week où certaines maisons privilégient la sobriété et le retour au vêtement, Tom Ford choisit une autre voie.
Ici, le spectacle fait partie intégrante de l’expérience.
Mais il ne repose pas uniquement sur le décor.
Les vêtements eux-mêmes sont conçus pour provoquer une réaction : fascination, désir, surprise ou parfois même amusement.
C’est peut-être là que réside la véritable réussite de cette proposition.
Haider Ackermann ne tente pas de rendre Tom Ford plus discret.
Il lui redonne au contraire une forme d’excès, mais un excès contrôlé par la coupe, la matière et la silhouette.
Place Vendôme, les miroirs ont donc fait leur travail.
Ils ont multiplié les reflets, fragmenté les silhouettes et amplifié chaque détail.
Mais derrière le spectacle, une idée demeure : le luxe peut encore être sensuel, spectaculaire et légèrement scandaleux.
Et chez Tom Ford, sous la direction de Haider Ackermann, le désir semble définitivement avoir retrouvé sa place sur le podium.
Crédit Photos:@Tom Ford
TOM FORD Fashion Online Store