À Tourgéville, à quelques minutes de Deauville, Les Manoirs se veut hôtel sur le papier…. Vraiment ? Parce qu’avant la routine room service, literie, petits-déjeuners et retours de plage en fin de journée, il y a eu une idée de Claude Lelouch. L’hôtel n’était alors que décor, pour histoire à tourner, dans une bâtisse normande à dévoiler. Le film ne verra finalement jamais le jour. Mais la bâtisse, elle, demeure toujours.
Un décor de cinéma
Claude Lelouch connaît déjà bien la Normandie. Depuis Un homme et une femme, il y revient avec l’affection que l’on réserve aux endroits qui nous ont marqué. En 1978, alors que Robert et Robert est à l’affiche, il imagine un autre film.
L’Hôtel.
Pour lui donner vie, il fait construire une immense demeure normande. Le film ne se fera finalement pas.
La maison devient alors l’Hostellerie de Tourgéville. Pendant près de trente ans, les acteurs venus assister au Festival du Cinéma Américain de Deauville y trouvent un refuge à l’écart de l’agitation.
On imagine les retours après les projections, les conversations qui se prolongent, les visages connus que l’on croise au détour d’un couloir. En 2009, Claude Lelouch quitte les lieux et confie leur avenir à Floirat Signatures.
Ouverts le 17 mai 2010, après neuf mois de travaux, Les Manoirs de Tourgéville est depuis lors un hôtel quatre étoiles dirigé par Yves-Marie Guguen.
Aujourd’hui, les quatre manoirs et le restaurant circulaire se découvrent au détour du chemin qui mène à l’hôtel. La Normandie est partout, dans l’architecture des bâtiments comme dans le parc de sept hectares qui les entoure.
On pourrait presque oublier que cette histoire a commencé par un film… Ou plutôt par son absence. Car si L’Hôtel n’a jamais été tourné, la maison imaginée pour l’accueillir a fini par recevoir des acteurs bien réels.
La fiction a parfois de drôles de façons de se faire une place dans la réalité.
Une maison de famille
Jean Dujardin, Sophie Marceau, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo… Il y a pire comme voisins. Aux Manoirs de Tourgéville, ils occupent chacun une chambre, du moins par leur nom. L’idée est plutôt jolie.
Dans cette maison dont l’histoire a commencé avec un film qui ne s’est jamais tourné, le cinéma a quand même fini par garder sa place jusque sur les portes.
L’hôtel compte 57 chambres dont 35 suites. Aucune ne ressemble tout à fait à sa voisine. Il y a celles qui donnent sur le parc, celles qui se glissent sous les toits, les duplex, les chambres en rez-de-jardin avec leur terrasse privée.
Et puis les triplex, avec leur salon et leur cheminée.
Au minimum 30 m² pour chacune, des tissus Pierre Frey, Dedar, Manuel Canovas ou Toiles de Mayenne et du mobilier réalisé sur mesure.
Dans le bâtiment principal, l’architecture d’origine a été conservée, tandis que les intérieurs ont été repensés.
Sous la galerie, des photographies d’acteurs et de films célèbres rappellent que les lieux ont longtemps vécu au rythme du septième art. On pourrait s’attendre à un décor rocambolesque mais ce n’est pas dans l’idée.
Le cinéma se ressent dans l’ambiance générale mais ne vole la vedette à personne.
Il y a aussi le lounge, avec son salon près de la cheminée, près du patio et de la piscine intérieure, particulièrement appréciable lorsque la Normandie reste fidèle à sa réputation.
Pour les jours de pluie ou simplement pour le plaisir, une salle de cinéma privée de 50 places permet de retrouver les films sur grand écran. Le lieu a donc bien fini par accueillir des histoires cinématographiques.
Il ne manque que l’annonce du “moteur” avant chaque générique.
Au 1899, la Normandie passe à table
Le 1899 a la forme d’un rond. C’est assez rare pour être remarqué. À l’intérieur, les grandes baies vitrées laissent entrer la lumière qui rebondit instantanément sur les murs clairs et la charpente en bois. Le blanc, le beige poudré et le chêne composent le décor.
En 2024, Marine Ugo, fondatrice du cabinet d’architecture Ugo* à Ramatuelle, a repensé le restaurant et le lounge bar.
Elle a conservé le bois déjà présent et lui a associé des matières et des étoffes plus contemporaines.
L’hiver, les cheminées deviennent le point de rassemblement. L’été, les tables retrouvent la terrasse.
En cuisine, Emmanuel Andrieu apporte au lieu sa propre histoire.
Ce Rennais a travaillé à l’Hôtel Byblos, à Saint-Tropez, où il secondait le chef du palace. Il y a découvert, entre autres, le goût des herbes aromatiques et des saveurs du Sud.
Aujourd’hui, il cuisine en Normandie avec des produits choisis auprès de producteurs locaux et une carte qui change au fil des saisons.
Les aromates viennent du potager du domaine. Il n’y a donc que quelques mètres entre les herbes et leur arrivée dans l’assiette.
Le lounge bar se trouve à quelques pas.
Marine Ugo y a installé des assises individuelles, des banquettes pour deux et des tables basses ornées de métal.
Le bois habille le sol, le patio apparaît dans le prolongement de la salle. On peut s’y retrouver autour d’un café ou d’un verre.
Il arrive que les meilleurs moments d’un séjour soient ceux qu’on n’avait pas pris la peine de prévoir.
L’art d’apprécier se poser
Aux Manoirs, les haras et la campagne normande invitent aux promenades, mais le domaine possède déjà ses propres horizons ; sept hectares, c’est assez vaste pour se perdre quelques heures sans but précis.
Parfois, c’est aussi un peu le but.
La piscine intérieure reste à 28 °C toute l’année.
Dehors, les saisons font leur vie et dedans, on peut continuer la sienne à quelques brasses près. Aux beaux jours, les transats du solarium prennent le relais.
Il y a aussi un sauna, deux cabines de relaxation et des soins réalisés par une esthéticienne formée aux protocoles Esthederm.
Des services qui deviennent coupables d’une heure de pure détente.
Le mouvement a aussi sa place dans le parc. On peut y pratiquer le yoga, retrouver ses habitudes dans l’espace fitness ou les trahir le temps d’un après-midi pour une partie de pétanque sur deux terrains. Le court de tennis attend également les amateurs d’échanges plus sportifs. D’avril à octobre, des vélos sont mis gratuitement à disposition pour parcourir les environs.
Deauville est à quelques minutes, avec ses Planches et ses longues plages.
Honfleur, ses ruelles et les marchés normands offrent aussi d’autres raisons de partir en vadrouille, tout comme les chemins qui traversent la campagne.
Il y a toujours quelque chose à voir, quelque part où aller et quoi remplir sa journée. Les journées de vacances à l’hôtel sont souvent préparées pour découvrir de nouveaux lieux, avec l’oubli de se réjouir de retrouver celui qu’on quitte le matin.
Aux Manoirs de Tourgéville, rentrer tôt ou ne pas partir de la journée, ça n’a pas du tout le goût d’un programme raté.
INFOS PRATIQUES
Les Manoirs de Tourgéville
668, chemin de l’Orgueil, 14800 Tourgéville
Ouverture : toute l’année
Téléphone : 02 31 14 48 68
Site internet : lesmanoirstourgeville.com
À retenir : 57 chambres et suites, un restaurant (Le 1899), un spa avec piscine intérieure chauffée, un sauna et un cinéma privé de 50 places. Parking privé gratuit.