Du 6 au 9 juillet, Paris retrouve son rôle de scène mondiale de la Haute Couture. Durant quatre journées d’exception, les plus prestigieuses maisons et les talents les plus prometteurs dévoileront leurs collections Automne-Hiver 2026-2027, transformant la capitale française en laboratoire du luxe, de la création et de l’émotion.
Avant même que les premiers mannequins ne foulent les podiums, la magie opère déjà. Les invitations, devenues de véritables objets de collection, donnent le ton : un éventail sculptural signé Dior, un livre de contes imaginé par Chanel ou encore un mystérieux tentacule doré orchestré par Schiaparelli. Autant de préludes à une semaine où chaque détail célèbre l’art de surprendre. Comme le veut désormais la tradition,
Schiaparelli inaugurera les festivités avec un défilé intitulé The Abyss. Imaginée par Daniel Roseberry, cette nouvelle collection promet une plongée spectaculaire dans les profondeurs marines, entre imaginaire surréaliste et références à l’héritage de la maison. Certains y voient déjà un clin d’œil à la mythique robe Homard créée en 1937 par Elsa Schiaparelli en collaboration avec Salvador Dalí. Fidèle à sa réputation, la maison de la place Vendôme devrait une nouvelle fois repousser les frontières de la couture avec des silhouettes théâtrales et des créations à forte identité artistique.
Le même jour, Dior concentrera également tous les regards. Installé à la direction artistique de la maison de l’avenue Montaigne, Jonathan Anderson poursuit l’écriture d’un nouveau chapitre très attendu. Après avoir séduit avec son premier vestiaire couture, où la poésie florale dominait la scène, le créateur britannique est désormais attendu sur sa capacité à conjuguer héritage, innovation et modernité.
Les nouveaux talents aux côtés des grandes signatures
Au-delà des maisons emblématiques, cette Fashion Week met aussi en lumière une génération de créateurs qui enrichissent la Haute Couture de nouvelles influences. Le Camerounais Imane Ayissi, premier couturier d’Afrique subsaharienne inscrit au calendrier officiel parisien, poursuivra son dialogue entre artisanat africain et savoir-faire français.
Autre rendez-vous incontournable : Iris van Herpen, dont les créations futuristes continuent de fasciner le monde de la mode, quelques années après l’exposition remarquée qui lui était consacrée au Musée des Arts Décoratifs. Les collections raffinées de Georges Hobeika compléteront cette première journée, célébrant une féminité aérienne portée par des étoffes d’une remarquable délicatesse.
Le mardi, les projecteurs se tourneront vers deux monuments du luxe : Chanel et Giorgio Armani Privé. Les deux maisons partageront l’affiche avec une nouvelle génération de créateurs parmi lesquels Kevin Germanier, Alexis Mabille, Stéphane Rolland, Ronald van der Kemp et Ashi Studio.
Toutes les attentions convergeront également vers Matthieu Blazy, dont la première collection couture pour Chanel avait suscité un enthousiasme unanime lors de la saison précédente. Son nouveau défilé figure déjà parmi les moments les plus attendus de cette édition.
Entre héritage, audace et réinvention
La seconde partie de cette semaine verra défiler plusieurs signatures majeures de la création contemporaine. Balenciaga, Elie Saab, Robert Wun, Viktor & Rolf ainsi que Jean Paul Gaultier dévoileront leur vision de la Haute Couture, chacun avec son langage esthétique.
La maison Jean Paul Gaultier suscite particulièrement la curiosité. Son directeur créatif invité, héritier de l’esprit libre et provocateur du couturier français, devra relever le défi de perpétuer cette tradition d’audace qui fait la renommée de la maison depuis plusieurs décennies.
Une clôture tournée vers l’avenir
La dernière journée mettra en avant les nouveaux visages de la couture internationale. Lauréat de la première édition des New Crafts Awards, organisés par Accor et la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, Peet Dullaert ouvrira cette ultime séquence placée sous le signe de l’innovation.
Les présentations de Celia Kritharioti, à la tête de la plus ancienne maison de couture grecque, de Rami Al Ali, Aelis et Adeline André viendront conclure cette semaine où patrimoine, excellence artisanale et créativité contemporaine se rencontrent.
Bien plus qu’une succession de défilés, cette semaine parisienne confirme une nouvelle fois que la Haute Couture demeure le sommet de l’expression artistique dans l’univers du luxe. Entre héritage prestigieux, innovation technique et imagination sans limites, Paris s’apprête une fois encore à faire rayonner son savoir-faire devant les regards du monde entier.