Entretien avec un collectionneur qui a consacré plus de quarante ans au Copy Art et à la préservation d’un patrimoine artistique méconnu.
SHERINE KHELFALLAH
Photographie de Jean-Claude Baudot, dans l’esprit du Penseur de Rodin.
Collectionneur passionné depuis l’adolescence, Jean-Claude Baudot a consacré plus de quarante ans à réunir des ensembles aussi singuliers qu’éclectiques, des jouets pour enfants aux cartes postales modernes. Parmi eux, sa collection de Copy Art occupe une place singulière : près de 5 000 œuvres de quelque 500 artistes, témoins d’une pratique innovante qui a transformée le photocopieur en un véritable médium de création.
De la constitution d’un patrimoine à sa transmission, Jean-Claude Baudot revient sur l’histoire de cette collection et sur son ambition de faire reconnaître le Copy Art comme un chapitre à part entière de l’histoire de l’art contemporain.
I – Aux origines des collections
Comment est née votre passion pour la collection et quel a été le point de départ de votre parcours de collectionneur ?
Écoutez, je pourrais dire que je suis un « collectionneur génétique ». Mon grand-père, était déjà bibliophile et mon père était lui aussi collectionneur. Il pratiquait la philatélie, en conservant notamment des planches neuves de timbres, mais également les monnaies d’or françaises. Lorsqu’il est décédé, alors que j’avais 15 ans, il m’a laissé une petite collection de timbres anciens de France. C’est véritablement le point de départ de mon parcours de collectionneur. Je dis « génétique » car, sans le vouloir, j’étais moi-même tombé dans la marmite !
Deux ou trois mois après sa mort, je me suis demandé ce que je voulais faire de ma vie. J’ai alors pris trois décisions : ne plus jamais me réveiller avec un réveil, ne faire que des choses qui m’intéressent, et même qui me passionnent, et avoir suffisamment d’argent pour ne pas compter. Finalement, je l’ai appliqué. J’ai toujours travaillé à mon compte et j’ai changé de métier tous les cinq ans.
Il y a-t-il eu une rencontre, une œuvre ou une découverte particulière qui a joué un rôle déterminant dans votre intérêt pour le Copy Art ?
Dans les années 1970, j’ai commencé à collectionner les cartes postales anciennes, notamment grâce au stand que ma compagne tenait aux puces. J’ai alors rencontré Gérard Neudin, qui avait réalisé un argus des cartes postales anciennes. J’y voyais une forme de reportage sur le monde autour de 1900. J’en possède aujourd’hui 200 000, méthodiquement classées.
Neudin m’a ensuite annoncé un numéro consacré aux cartes postales illustrées par des artistes. Je m’y suis intéressé, notamment après avoir découvert des cartes japonaises en relief datant de 1910. Cela m’a conduit vers des créations plus modernes.
C’est ainsi que j’ai rencontré Christian Rigal, organisateur du premier festival international de la carte postale d’avant-garde à Paris. J’y ai découvert des cartes réalisées en exemplaire unique au photocopieur. Fasciné, j’ai acheté les originaux et réuni la documentation du festival. C’est cette découverte qui m’a véritablement conduit au Copy Art.
Comment votre collection s’est-elle construite au fil des années ?
Pour moi, une collection se construit sur une douzaine d’années. Avant le Copy Art, dans les années 60, j’avais déjà réuni près de 3 800 jeux et jouets anciens, dont certains avaient entre 2 000 et 4 000 ans. Je collectionne avant tout pour créer des musées et constituer des ensembles cohérents, associant œuvres, machines et archives.
Je me suis lancé dans le Copy Art avec Christian Rigal, artiste sous le pseudonyme de Cejar. Il a notamment réalisé une œuvre de 144 mètres de long à l’aide d’un photocopieur, qu’un conservateur du Louvre l’a autorisé à déployer dans la Grande Galerie pour la photographier.
Je cherchais à comprendre les possibilités créatives de ce nouveau médium très actif dans les années 80. Rigal m’a fait découvrir des artistes et a écrit, vers 1981-1982, un manifeste sur le Copy Art et le rapport entre l’homme et la machine, traduit dans plusieurs langues.
Cejar (1952 – ?) (France), Le Grand Mètre (The Great Tape Measure), 1982. Œuvre électrographique de 144 mètres de long, réalisée à l’aide d’un photocopieur Xerox 2080 et présentée dans la Grande Galerie du musée du Louvre en 1982. Photographie de Michel Folco.
Quels critères vous permettent d’identifier une œuvre particulièrement importante ou significative au sein du Copy Art ? Quelle place accordez-vous à l’intuition et au coup de coeur, par rapport à la recherche historique et à la connaissance du marché ?
C’est un mélange des deux : à la fois l’intuition, le coup de cœur, la recherche historique et la connaissance du marché. L’un ne va pas sans l’autre. Il faut d’abord que la pièce me plaise et m’intéresse, que je la trouve créative et spéciale. Ensuite, je cherche à savoir qui l’a réalisée, dans quelles circonstances et pourquoi. Tout cela se fait de façon assez méthodique.
À l’époque, les photocopies étaient plutôt réalisées dans de petits formats, A4 ou A3, et il n’existait pas encore de très grands formats. Je m’attachais donc surtout à leur dimension visuelle, qui résultait à la fois d’un côté aléatoire et d’un côté technique. Par exemple, Christian Rigal a un jour réalisé une photocopie de la Joconde, qu’il a ensuite transférée sur tissu. Il a posé ce tissu sur la vitre et l’a légèrement pincé afin de modifier le regard, le sourire, etc. Il a finalement obtenu une image en couleur : la Joconde qui fait un clin d’œil à ses admirateurs. C’est le genre d’œuvre qui m’a particulièrement interpellé.
D’ailleurs, j’ai ensuite édité tout cela pour que tout le monde puisse en profiter, parce qu’une collection n’est pas faite pour être gardée dans un tiroir, une cave ou un grenier. Elle est faite pour être montrée.
À une époque où le Copy Art était encore peu reconnu par les institutions et le marché, où et comment parveniez-vous à découvrir et acquérir les oeuvres ?
À cette époque, plusieurs galeries parisiennes commençaient à vendre du Copy Art. J’allais donc dans les galeries, mais Christian Rigal m’a conseillé de ne pas forcément y acheter mes œuvres. Il pouvait me trouver des cartes et des œuvres moins chères et surtout beaucoup plus sélectionnées. Il a ainsi commencé à m’aider à construire la collection en me présentant des artistes et des œuvres. Comme il était artiste, il avait également des contacts très faciles avec les autres artistes. De mon côté, je choisissais ensuite les pièces en fonction de leur créativité et de différents critères qui m’intéressaient.
J’ai également commencé à acheter les premières machines à copier, car je voulais documenter l’histoire du procédé dans son ensemble. La première machine à copier est assez extraordinaire. Elle a été inventée par un Anglais dès 1780, qui avait déposé un brevet pour une « encre communicative » et un rouleau permettant d’imprimer. J’ai trouvé à Birmingham une machine portable que j’ai d’abord pensé être la sienne, et qui fait aujourd’hui partie de ma collection. Elle est en état de marche et totalement complète.
II – Quand le photocopieur devient un médium de production artistique
Le photocopieur était à l’origine un outil de bureau. Comment les artistes sont-ils parvenus à en faire un véritable médium de création ?
C’est vrai que c’est à l’origine un outil de bureau. Mais les artistes ont progressivement appris à en détourner le fonctionnement. À partir des années 1960-1961, Xerox mettait notamment ses magasins à la disposition des artistes pour qu’ils puissent faire des photocopies gratuitement, car cela coûtait cher autrement. Ils arrivaient, expérimentaient, faisaient plusieurs exemplaires, en jetaient certains et en conservaient d’autres. C’est ainsi qu’ils ont commencé à explorer les possibilités de la machine.
En réalité, les artistes font « disjoncter » la machine. Ils la dérèglent, notamment les photocopieurs couleur, pour modifier les effets de noir, de blanc, de rouge, de magenta, etc. Cela permettait d’obtenir des œuvres très particulières.
On pouvait même utiliser directement son propre corps. En peinture, en sculpture, en photographie ou au cinéma, il existe toujours une certaine distance entre le corps et l’œuvre. Là, c’est un véritable corps à corps qui devient possible. Cela a donné lieu à une créativité très intense à cette époque.
« Le photocopieur est, à mes yeux, le seul médium qui permette de faire de l’art par un contact direct avec le corps. »
Jean-Claude Baudot
Quels artistes ou quelles oeuvres considérez-vous comme essentiels à l’histoire du Copy Art et qui mériteraient une reconnaissance plus large aujourd’hui ?
Ma collection compte aujourd’hui environ 5 000 œuvres de 500 artistes à travers le monde, notamment des pionniers comme Bruno Munari, Orlan et Pati Hill. Il y a aussi des artistes comme Sol LeWitt, Carl Andre et Joseph Kosuth, de grands représentants du minimalisme, qui sont mondialement reconnus. En revanche, je n’ai jamais pu acheter les œuvres d’artistes devenus très connus comme David Hockney, Andy Warhol ou Basquiat, qui lui, utilisait également des photocopies dans beaucoup de ses tableaux. Mais ses œuvres sont aujourd’hui inabordables.
J’ai par ailleurs connu Jacques Fivel, un Français qui avait travaillé dans l’atelier d’Andy Warhol. Il a réalisé des choses exceptionnelles qui restent pourtant assez peu connues. C’est justement le genre d’artiste qui mériterait, à mes yeux, une reconnaissance plus large.
Il ne faut pas oublier non plus les livres. Certains livres d’artistes très particuliers méritent d’être nommés et collectionnés. J’en possède notamment un exemplaire original que Christian Rigal, qui était un excellent chineur, avait réussi à me trouver.
Jacques Fivel (1942 – ) (France), Untitled (S&M mask), 1979, 63 x 29,7 cm, Xerox 6500 séparation chromatique, capture directe du masque par les mains de l’artiste, juxtaposition de trois oeuvres réalisées à New York lors de sa rencontre avec Andy Warhol.
Comment le regard des institutions et du marché de l’art sur le Copy Art a-t-il évolué au cours des dernières décennies ?
Il faut d’abord situer le copieur dans l’histoire de l’art. Au début, pour moi, le Copy Art était une forme d’art à part entière puisque le photocopieur était utilisé comme un véritable médium et pouvait devenir un mouvement artistique À l’époque, les œuvres se vendaient dans les galeries, et non aux enchères. Puis, progressivement, certains artistes se sont tournés vers d’autres médiums parce que c’était plus rentable. Sa valeur reste difficile à estimer car les prix peuvent évoluer considérablement lorsqu’un artiste acquiert une nouvelle reconnaissance ou même après sa disparition.
Pour moi, le Copy Art est un lien, un chaînon entre la photographie et l’art numérique. Pourtant, il existe encore très peu de musées consacrés à cette pratique. Aujourd’hui, ma collection est, à mes yeux, la plus importante en quantité, en qualité et en variété. C’est un corpus cohérent que je ne veux pas disperser. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas seulement la valeur de chaque œuvre, mais ce que l’on va faire de l’ensemble.
J’ai également participé à un colloque du Centre Pompidou consacré aux femmes Copy Artists, sur la question du terme « xérographie ». Je ne comprends pas pourquoi on continue à utiliser ce terme alors que Xerox est une marque. Christian Rigal parlait plutôt d’« électrographie », qui vient de l’électrophotographie et me paraît beaucoup plus universel.
Enfin, plus d’un tiers des artistes présents dans ma collection sont des femmes. Ce n’était pas une démarche consciente : à l’époque, les hommes étaient davantage mis en avant, mais pour moi, cela n’a jamais eu d’importance. Je regardais la créativité, quel que soit le sexe de l’artiste.
Le Copy Art interrogeait déjà la reproduction, la transformation et la circulation des images. Peut-on voir dans ces expérimentations l’une des prémices de l’art numérique actuel ?
Oui, je pense que l’art numérique va encore se développer. Après l’art numérique, il y a eu les NFT, l’histoire du Bitcoin et tout ce qui s’est développé autour. J’ai d’ailleurs moi-même fait une expérience avec les NFT.
Aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle, je me suis amusé à demander : « Je voudrais Basquiat assis en train de regarder la photocopie d’un de ses tableaux. » Je l’ai ensuite imprimée en A3, avec le texte derrière. J’ai fait du « Copy Art à ma manière », simplement pour m’amuser. Je ne suis pas artiste, mais je trouvais intéressant d’expérimenter à mon tour.
J’ai également participé à une rétrospective consacrée à Christian Rigal, au cours de laquelle nous avons réalisé des œuvres en hommage à tout ce qu’il avait fait pour le Copy Art. Ces œuvres sont intéressantes parce qu’elles permettent une forme de survie de cet art et de la mémoire de l’artiste.
Pour le 80e anniversaire du photocopieur, en 2018, j’ai décidé de recenser tout ce que je pouvais dans le monde et d’organiser ou de faire connaître différentes manifestations. Cela a constitué un ensemble très intéressant autour de cette pratique, dont j’ai conservé toute la documentation.
III – Préserver et transmettre à travers la collection
Votre collection ne se limite pas au Copy Art : vous collectionnez également les cartes portales modernes et avez constitué un ensemble consacré à l’univers du Père Noël. Qu’est-ce qui relie, à vos yeux ces univers apparemment très différents ?
Je pense que le Père Noël ne va pas communiquer avec le copieur ! Je n’en sais rien. Mais, plus sérieusement, mes collections sont très différentes les unes des autres.
Dans mes collections d’art moderne et contemporain, j’ai environ 20 000 cartes postales, avec beaucoup d’originaux. Certaines sont liées au Copy Art, notamment des cartes postales réalisées lors des premiers festivals, mais aussi des œuvres qui n’ont rien à voir, comme des originaux de Ben.
Plus largement, ce qui relie peut-être toutes ces collections, c’est mon intérêt pour des objets dont on ne mesure pas toujours l’importance au moment où ils existent. La dernière collection que j’ai commencée, il y a environ quinze ou dix-sept ans, est consacrée aux téléphones portables. J’en ai aujourd’hui plus de 3 000. C’est une collection qui m’amuse beaucoup et qui pourrait donner lieu à des expositions itinérantes. C’est aussi le genre de collection qui m’intéresse parce qu’elle concerne des objets contemporains auxquels personne ne prête attention. Moi, j’ai envie de préserver cette évolution.
Après plus de quarante ans de collection, qu’est-ce qui continue à vous donner envie de chercher, découvrir et acquérir de nouvelles pièces ?
Je suis un collectionneur invétéré, pour moi, la collection est avant tout un passe-temps. Quand j’ai du temps libre, je vais aux puces, dans les brocantes, à droite et à gauche, et je ramasse ce qui m’intéresse.
En 2007, après avoir vendu ma collection de machines à sous, j’ai acheté un appartement à Rio de Janeiro. C’est là que j’ai commencé à constituer une collection de peinture naïve. Au départ, j’avais déjà quelques œuvres chez moi, mais pas suffisamment pour parler de collection. Lorsque j’ai acheté un petit bureau chez un brocanteur; il y avait un tableau représentant des gens dansant la capoeira qui me plaisait beaucoup. Je lui ai demandé son prix et il m’a répondu : « Je vous en fais cadeau. » Cela m’a donné envie de continuer. J’en ai aujourd’hui plusieurs centaines.
Je fonctionne toujours de la même manière. Il m’arrive encore d’acheter une pièce simplement parce qu’elle trouve naturellement sa place dans une collection. Et parfois, une collection se crée presque malgré moi. Lorsque j’ai fait le tour du monde en 2 CV avec Jacques Séguéla, nous avions écrit La Terre en rond, qui s’est vendu à 58 000 exemplaires en cinq langues. Pendant le voyage, je conservais des enveloppes avec les cachets postaux des pays que nous traversions. Je les ai toujours. Je n’en ai jamais rien fait, mais je n’ai pas pu m’empêcher de créer, là encore, une collection.
Aujourd’hui, quelle place la transmission occupe-t-elle dans votre démarche de collectionneur ?
La transmission est essentielle pour moi. Mon objectif, à terme, est de faire vivre mes collections dans des musées. C’est également ce que j’ai voulu faire avec ma collection consacrée au Père Noël. Je ne voulais pas simplement réunir des objets, mais créer un musée dynamique, qui permette de comprendre pourquoi et comment le personnage est apparu et s’est transformé au fil du temps.
J’ai ensuite organisé plusieurs expositions en Belgique autour du Père Noël et de Saint-Nicolas. J’avais imaginé leur rencontre et leur accord sur leurs territoires respectifs, puis construit toute une communication autour de cette histoire. Pour moi, la transmission passe aussi par cette capacité à raconter et à rendre une collection vivante.
Je fonctionne de la même manière avec le Copy Art. Je souhaite vendre mes collections plutôt que les donner, mais je suis prêt à donner de ma personne pour qu’elles continuent à vivre dans un musée : participer à des conférences, accompagner livre à faire sur le Copy Art. Il ne serait pas nécessairement exhaustif : l’inventaire est déjà réalisé et les œuvres ont été photographiées professionnellement.
Que souhaiteriez-vous que les générations futures retiennent de ce patrimoine artistique et technologique que vous avez grandement contribué à préserver ?
Je pense qu’il faut faire de cette collection un corpus cohérent et un musée. J’y attache mon nom, par vanité pure, si vous voulez : c’est la « collection Baudot ».
Des choses qui semblent secondaires peuvent prendre une place importante dans l’histoire de l’art. On peut penser à Fouquet et sa collection de gravures et dessins préparatoires dans les collections du Louvre. Je pense que c’est aussi le cas du Copy Art, un mouvement propre à une époque, dont ma collection témoigne des possibilités créatives passées et futures.
L’intérêt d’un musée du Copy Art n’est pas de montrer comment photocopier son visage ou sa main, mais de mettre en valeur la création et la démarche artistique derrière ces expérimentations. C’est pour cela qu’il faut transmettre.
Enfin, quel avenir imaginez-vous pour le Copy Art et quelle place pourrait-il encore occuper dans la création contemporaine ?
Tout est possible, le Copy Art continue d’exister. Il y a encore aujourd’hui des artistes qui travaillent dans cette direction, ils peuvent désormais réaliser des choses qui n’étaient tout simplement pas possibles à l’époque, grâce à l’évolution des machines.
L’esprit créatif est tel qu’un artiste qui décide de s’intéresser, même un peu, à ces outils peut encore réaliser des choses exceptionnelles. Le Copy Art peut donc tout à fait continuer à évoluer.
« La création n’a pas de limite. »
Jean-Claude Baudot
À propos de l’expertise : Jean-Claude Baudot est expert agréé en Copy Art auprès du Conseil des experts. La collection Baudot regroupe machines historiques (dès 1780), manifestes traduits internationalement et archives exhaustives des pionniers de l’électrographie.